Utopies, distopies, scientisme, transhumanisme : se repérer dans les idées contemporaines
Stjoweb
Le cinéma contemporain met en scène une pléthore d’utopies situées dans des espaces et des temps plus ou moins lointains… La jeunesse (et pas seulement) se nourrit actuellement de distopies, un phénomène lié à l’histoire contemporaine et en réalité à toutes son évolution de l’Utopie de Thomas More aux distopies d’Orson Wells et des Hunger Games et autres divergeante… Qu’est-ce qu’une utopie et par conséquent une distopie ?
La première, l’Utopie, tient son nom de l’île d’Utopie, littéralement « de nulle part » inventée par Thomas More. Comme le signale Fazio, dans Histoire des Idées contemporaines, nous sommes à l’époque de la découverte de l’Amérique, et More fait « fait raconter par l’un de ses personnages, Raphael Hythlodeus, les aventures qu’il a vécues au cours d’un récent voyage sous les ordres d’Amerigo Vespucci ».
De cette utopie littéraire initiale vont naître d’autres récits de sociétés idéales, retracées par Fazio afin de les situer dans leur impact sur la société de l’époque. Ainsi, Montaigne et Rousseau ( p 45 et 46) vont utiliser le même mode littéraire pour critiquer la société de leur époque. L’utopie littéraire s’est avérée un puissant levier de propagande des idées humanistes. Le lecteur découvrira avec intérêt comment l’idée de progrès, chère à l’humaniste More (mais tempérée par sa connaissance philosophique et religieuse de l’être humain pécheur) et à tant d’autres, évolua vers les utopies négatives marxistes et vers les drames à grandes échelles du XXe siècle.
La distopie et l'urchronie pour tirer les leçons de l'histoire

La distopie dénonce les dérives du trans-humanisme issu du scientisme, mais parfois, au lieu de dénoncer, elle magnifie et répand une utopie cachée dans la distopie, celle du scientisme. Le chapitre consacré par Fazio au scientisme ( ch VIII) montrent l’aboutissement absurde des idées de progrès rousseauistes : « La vision scientiste est encore présente de manière plus ou moins diffuse dans les mentalités, les universités et l’opinion publique. ; et ce en raison de son importante divulgation scientifique. De plus, à l’époque contemporaine, la philosophie ne se transmet plus exclusivement au niveau académique, comme c’était le cas dans le passé, mais de manière non systématique, comme idéologie « mélangée » dans les exposés scientifiques et les moyens de communications ».
Des idées qui relèvent de la science-fiction...vers le transhumanisme

Cependant, la manière de relever ici de la science fiction évolue vers le transhumanisme, nouvelle " lumière" miroitante, piège aux alouettes de l'homme auto-référentiel. Les bienfaits annoncés tourneront à l'exploitation de l'humain par l'humain, à la mercantilisation de son propre corps ( pma, gpa). Ce ne sera pas la domination de l'univers par l'homme mais son avilissement, thème clé de toutes les distopies actuelles, comme l'excellent ( mais fort violent) Elyseum avec Matt Damon et Judy Foster. Les nombreuses dénonciations contenues dans les distopies montrent qu'entre fascination, attrait et répulsion, tout le monde n'est pas dupe des idées scientistes et transhumanistes dans la culture contemporaine, heureusement!
AC